5 mai 2016

MARIANNE DUMOULIN

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PRODUCTRICE

email : mariannedumoulin@jbaproduction.com –

mobil : +33 (0)6 07 38 69 23 – www.jbaproduction.com

Le cinéma comme témoin, le cinéma comme lieu de débat, d’apprentissage, de réflexion et d’émotion : C’est le travail que mène depuis 1987 Jacques Bidou
au sein de sa structure JBA Production que Marianne Dumoulin rejoint en 1992.

Produire des oeuvres engagées dans un grand nombre de pays est particulièrement complexe ; encore davantage aujourd’hui. Le soutien d’une production européenne (française en l’occurrence) est bien souvent indispensable au financement, à la liberté d’écriture, la liberté de réalisation et à la liberté d’exposition.

Marianne intègre JBA Production, toute jeune maman, sans formation initiale mais avec diverses expériences en production en particulier à CDN Production avec l’indomptable Gilles Sandoz, ainsi qu’en laboratoire photochimique à la création du S16mm Aaton du génial Beauviala et en reine de fêtes de fin de tournage. Elle a en charge le suivi des postproductions puis rapidement l’exécutif des long-métrages OS MUTANTES de Teresa Villaverde, FOOLS du sud-africain Ramadan Suleman, CAPITAINES D’AVRIL de Maria de Medeiros, LUMUMBA de Raoul Peck, BAB-EL-OUED CITY et SALUT COUSIN de Merzak Allouache, UN SOIR APRÈS LA GUERRE de Rithy Panh etc…
C’est vertigineux. Les films s’enchainent, se bousculent, d’Alger à Lisbonne, d’Harare à Beira, de Joburg à Bissau.

En 1999, Marianne participe à EAVE, une formation de producteurs européens. La magie des nuits claires finlandaises et les bruyants bars anglaisl’ouvriront au scénario UNE PART DU CIEL. Paroles de femmes. Prison Usine. Premier long de la cinéaste belge Bénédicte Liénard. C’est le déclic. Marianne veut produire ce projet, l’accompagner de l’écriture à la livraison. Séverine Caneele et Sofia Leboutte, Yolande Moreau, Josiane Stoléru, André Wilms et Olivier Gourmet au casting, Hélène Louvart à l’image, Marie-Hélène Dozo au montage, Ferran et Laforce au son. Un film puissant, sur la valeur du refus, sur l’amitié et la force du collectif. Une équipe de choc, magistrale qui montera les marches rouges de Cannes juste derrière Brad Pitt pour bifurquer sur les marches bleues pour sa première mondiale en sélection Officielle Un Certain Regard. Dos au Majestic, l’équipe dévorera des frittes mayo les pieds dans la méditerranée face à l’horizon avec l’actrice Bella encore sous le joug de la double peine.

C’est la naissance d’une collaboration unique entre Marianne et Jacques. Les différences – sexe, âge, parcours personnels – feront et sont leur force. Toujours en symbiose sur le fond mais avec des approches personnelles. Ils s’engagent ensemble sur des sujets forts avec des regards de l’intérieur, et très souvent sur des terrains d’urgence.

Au détour des moments de bonheur et de lumière de ces accompagnements, il leur faudra de la détermination, du courage et de l’imagination pour fabriquer ces films dont plus de 50% sont des premiers films dans des économies modestes (voire très fragiles), rassembler plus de 20 sources de financement à travers le monde pour des budget autour du million d’euros, mais aussi affronter les réalités des terrains, les injustices, les plaies encore ouvertes du passé et celles présentes. Les blessures sont profondes, la noirceur immense. Ils n’en reviendront pas toujours indemnes mais nourris de ces plongées artistiques-humaines, grandis par toutes ces rencontres. Encore une fois, ils restent plus fort à deux, pour tenir tête, pour ne pas céder.

Des querelles aussi, souvent liées au machisme et misogynie dont Marianne est victime. Un homme de plus de 20 ans reste pour beaucoup le supérieur même chez ceux qui se disent fervents défenseurs de la cause féministe… Certains des partenaires ont du mal à avoir une patronne. Le chemin est encore long.

Ils forment un duo qui travaille ensemble sur les mêmes films en harmonie et transparence. Artisans nomades, ils continuent à élaborer les dossiers, à traduire les scénarios, à rassembler une multitude de partenaires pour faire naitre de nouvelles voix, des films toujours en coproduction (de 2 pays à 8 pays, le record sur les films LE SEL DE LA MER d’Annemarie Jacir et YALDA LA NUIT DU PARDON de Massoud Bakhshi), principalement en production déléguée pour être au plus près des oeuvres, pour comprendre, défendre et protéger. Chaque production est une aventure, passionnante, épique, chaotique, un long chemin de 5 à 8 ans… Produire c’est aussi réussir des rencontres, faire naitre des talents, créer des binômes. Magie du cinéma. On peut citer par exemple au casting Eriq Ebouaney, Yile Vianello, Sadaf Asgari et aujourd’hui Aravind MT ou encore le binôme Hélène Louvart et Alice Rohwacher.

Les projets se choisissent avec soin, avec du temps, et pour en citer une sélection des films produits : la première oeuvre de la cinéaste palestinienne Annemarie Jacir LE SEL DE LA MER (Sélection Officielle Cannes 2008) et son troisième film WAJIB (Compétition Locarno 2017), SALVADOR ALLENDE du chilien Patricio Guzman (Cannes 2004) ou encore le premier film CORPO CELESTE de la réalisatrice italienne Alice Rohwacher (Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2011), PAU ET SON FRÈRE (Cannes Compétition 2001) et LES MAINS VIDES (Cannes Un Certain regard 2003) du catalan Marc Recha, ainsi que les deux premières oeuvres du chilien Fernando Guzzoni CARNE DE PERRO (Grand Prix New Director San Sebastian 2012) et JESUS PETIT CRIMINEL (Compétition San Sebastian 2016) et les deux long-métrages de l’argentin Pablo Agüero SALAMANDRA (Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2008) et EVA NE DORT PAS (Compétition San Sebastian 2015, 5 Condors en Argentine), mais aussi VISAGE du taïwanais Tsai Ming-Liang (Compétition Cannes 2009) et LES CHIENS ERRANTS (Prix du Jury Venise 2013), deux films du cinéaste algérien Merzak LE REPENTI Allouache (Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2012) et LES TERRASSSES (Compétition Festival de Venise 2013), le documentaire FILS DE CAIN premier film du hongrois Marcell Gerö (San Sebastian 2014), UNE FAMILLE RESPECTABLE de l’iranien Massoud Bakhshi (Quinzaine des réalisateurs Cannes 2012), DONBASS (Prix de la mise en scène Un Certain Regard Cannes 2019) du réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa, puis retrouver Massoud Bakhshi avec YALDA LA NUIT DU PARDON (Grand Prix à Sundance et sélection au festival de Berlin), SEME LE VENT de l’italien Danilo Caputo (Panorama Berlin 2020), et enfin PLASTIC BAG du réalisateur birman Than Lwin Oo (Compétition Busan 2024).

2026 est chargé, avec en début d’année à la Berlinale section Officielle Panorama deux films sélectionnés : le premier long-métrage documentaire TROP C’EST TROP du congolais Elisé Sawasawa (qui enchaine les sélections dans le monde) et la fiction ENJOY YOUR STAY du suisse Dominik Locher, le documentaire CONTINUADORES DA REVOLUCAO du réalisateur portugais Pedro Neves en toute fin de postproduction, RESHMA SHERA de Megha Ramaswamy (Inde) et BUS DEPOT de Prantik Basu en production, ainsi que le premier long-métrage de Prantik Basu, DENGUE en tournage à Calcutta, sous la mousson, en S.16mm.

En plus de son activité de productrice Marianne participe à de nombreux ateliers en tant que tutrice/experte/consultante : La Cinéfabrique (Lyon et Marseille), ESAV (Marrakech), Locarno Open Doors, Produire au Sud, Lussas, Meditalents, YaoundéFilmLab, Moulin d’Andé, Fonction Cinéma, Myanmar ScriptFund, IESA, MedfilmFactory, Eurodoc, Lycée Paul Valéry, DocMed, Fémis, …) et a siègé au sein des comités : Cinéfondation, Bourse d’Aide au Développement Cinemed, Du Court au Long, Moulin d’Andé, Région Occitanie, Aide aux Cinémas du Monde, Cinéforom, Fifam, Fondation Gan, Open Doors, CinéFabrique…

Elle s’installe en 2020 catalogne, en pleine nature. Entre terre et ordinateur, un équilibre nécessaire pour affronter notre temps.

Elle créé en 2024, l’atelier MASSA MARE dans le cadre du festival Confrontation à l’Institut Jean Vigo de Perpignan qui sélectionne 6 films en cours de montage pour un accompagnement et expertises.

Elle collabore à l’écriture du livre de Jacques Bidou IL ÉTAIT UNE FOIS LA PRODUCTION (édition hémisphère, France 2022 – édition Paul Cronin, UK 2025 – The Stone and the Plot édition, Portugal 2026).

De 2024 à 2026, Marianne est nommée Co-Présidente de l’Aide Aux Cinémas du Monde CNC (2nd collège).